Pourquoi miser sur l’infiltration des eaux pluviales ?
L’infiltration repose sur un principe simple : laisser l’eau pluviale retourner immédiatement dans le sol à l’endroit même où elle tombe, plutôt que de la canaliser vers des réseaux déjà saturés.
Restaurer le cycle de l’eau
En laissant l’eau s’infiltrer là où elle tombe, on soulage instantanément les réseaux unitaires, ce qui abaisse les débits de pointe et prévient les crues éclairs en milieu urbain. Cette approche est au cœur du zonage pluvial promu par le Cerema et des outils de dimensionnement OASIS.
En restaurant la capacité d’infiltration des sols, on compense le déficit de recharge causé par l’imperméabilisation. Cela permet de maintenir le niveau des nappes phréatiques et contribue à la sécurité hydrique des territoires. Le sol joue également un rôle de filtre bio-physico-chimique : il absorbe les hydrocarbures, retient les métaux lourds et capture une part des microplastiques, comme l’ont montré les travaux du programme OPUR et les synthèses de l’Ineris sur les contaminants émergents.
Enfin, un site capable de stocker temporairement la pluie puis de la restituer progressivement est bien mieux armé face à la hausse attendue de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes, selon le dernier rapport du GIEC.
Répondre aux obligations réglementaires croissantes
La loi GEMAPI, la directive Cadre sur l’Eau et la RE 2020 orientent déjà les projets vers la gestion à la source. De nombreuses métropoles imposent un débit de fuite inférieur de 1 à 5 L/s/ha ou un objectif de « zéro rejet net ». Le zonage pluvial recommandé par le Cerema aide les collectivités à inscrire ces exigences dans leurs PLU (Plan Local d’Urbanisme).
Cadre réglementaire et normes de référence
| Référence | Objet | Point clé pour l’infiltration |
| Guide Cerema – Zonage pluvial | Planifier la gestion à la source | Priorité à l’infiltration chaque fois que le sol le permet |
| NF P 11-300 | Classification des sols | Identifie perméabilité et réutilisation des matériaux |
| Fiches SPE – Étude de sol | Méthodologie d’essais (Porchet, infiltration double anneau) | Déterminer k ≥ 10-5 m/s pour infiltration directe |
| Arrêtés locaux | Débit de fuite, côtes d’exutoire, pollution | Souvent < 5 L/s/ha, contrôle hydrocarbures |
À retenir : pas d’infiltration sans étude géotechnique, car la perméabilité, la présence de nappes ou de cavités, les argiles gonflantes ou la pollution du site peuvent conduire à une solution mixte (infiltration + rétention + rejet limité).
Études préalables : la clé du dimensionnement
La conception d’un ouvrage d’infiltration efficace commence par une analyse rigoureuse du site, combinant des données hydrologiques, géotechniques et contextuelles. En premier lieu, les courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF) locales permettent de déterminer l’intensité de pluie de référence — généralement une pluie décennale ou trentennale — à utiliser pour dimensionner le volume tampon nécessaire.
Vient ensuite la mesure de la perméabilité du sol directement sur site. Des essais tels que celui de Porchet ou l’utilisation d’un infiltromètre à double anneau permettent d’obtenir le coefficient d’infiltration hydraulique, noté k, essentiel pour calculer la vitesse à laquelle l’eau peut s’infiltrer dans le sol.
La nature du sol est également déterminante. La norme NF P 11-300 propose une classification des terrains en fonction de leur granulométrie (sables, limons, argiles), ce qui oriente le choix du dispositif à mettre en œuvre.
Dernière étape : vérifier la cote de la nappe, la présence de réseaux, les charges roulantes et les distances de sécurité aux arbres ou fondations, conditions pouvant exiger un pré-traitement ou interdire l’infiltration directe.
L’objectif est de calculer un volume de stockage tel que la pluie projetée s’infiltre en moins de 24 h (et 48h max). C’est une exigence courante dans les cahiers des charges départementaux.
Panorama des solutions d’infiltration des eaux pluviales
Une large palette de dispositifs permet aujourd’hui d’adapter la solution d’infiltration à chaque contexte urbain et aux objectifs de débit de fuite.
Les caniveaux filtrants : infiltration en surface
Le DRAINFIX CLEAN est une solution qui permet de traiter les eaux pluviales, pas de les infiltrer.
Pour l’infiltration des eaux pluviales on utilise plutôt le DRAINFIX TWIN, qui est adapté aux aires de trafic léger.
Le DRAINFIX CLEAN de HAURATON combine :
- La collecte : caniveau linéaire classe C à E selon l’aménagement.
- La filtration : substrat CARBOTEC 100 qui retient jusqu’à 99 % des hydrocarbures, métaux Zn/Pb/Cu et particules fines.
- Et l’infiltration latérale ou par fond vers un massif drainant ou le terrain naturel.
Idéal le long de voiries urbaines et parkings : la largeur réduite évite de sacrifier du foncier, tandis que la FDES associée garantit un faible impact carbone.
Rigoles et tranchées d’infiltration
Les rigoles d’infiltration sont des dépressions peu profondes, souvent végétalisées, aménagées pour recueillir les eaux de ruissellement en surface. Elles permettent de stocker temporairement entre 5 et 30 mm d’eau de pluie, qui s’infiltre ensuite progressivement dans le sol tout en bénéficiant à la végétation environnante. En plus de leur fonction hydraulique, les rigoles contribuent à la régulation thermique et à l’intégration paysagère des espaces urbains.
Les tranchées d’infiltration, ou tranchées drainantes, consistent en des excavations linéaires de 0,5 à 2 mètres de profondeur, remplies de granulats lavés (généralement de type 20/40) offrant environ 40 % de vide. L’ensemble est enveloppé dans un géotextile filtrant qui empêche le colmatage par les particules fines. Ces dispositifs assurent une double fonction de stockage et d’infiltration lente des eaux pluviales, notamment dans les lotissements ou sur les voiries légères. Leur linéarité permet une répartition efficace de l’eau sur de grandes longueurs.
Puits et noues d’infiltration
Le puits d’infiltration est un ouvrage vertical, généralement de 1 à 3 mètres de diamètre, creusé jusqu’à une couche de sol perméable. Il permet de stocker temporairement de grands volumes d’eaux pluviales, notamment lorsque l’espace en surface est limité, avant leur infiltration dans le sous-sol. Ce dispositif est particulièrement adapté aux zones urbaines denses où l’emprise au sol est restreinte.
Les noues élargies sont de larges fossés peu profonds, souvent engazonnés, conçus pour collecter et infiltrer les eaux de ruissellement provenant de vastes surfaces, telles que plusieurs hectares. Elles favorisent l’infiltration naturelle de l’eau dans le sol et offrent des avantages paysagers et écologiques, notamment en améliorant la biodiversité locale.
Chaussées réservoirs & pavés drainants
Sous les parkings, une structure alvéolaire modulaire stocke jusqu’à 95 % de volume vide. L’enrobé drainant ou le pavé articulé béton laisse l’eau passer dans la couche de fondation : description.
| Solution | Profondeur | Usage typique |
| Chaussée réservoir | 40 – 80 cm | Supermarchés, gares routières |
| Puits ∅ 2 m | 3 – 6 m | ZAC, plateformes logistiques |
| Pavés drainants | 6 – 10 cm | Cheminements piétons, parking perméable |
Traitement des eaux pluviales avant infiltration
Pourquoi traiter ?
Les surfaces de voirie et de toitures accumulent particules de pneus, hydrocarbures, métaux et nutriments. Sans pré-traitement, l’infiltration directe risque de contaminer la nappe. Le filtre du DRAINFIX CLEAN ou un bassin décanteur plus une dérivation faible débit capture ces polluants.
Mécanismes de dépollution
Des études montrent qu’un sol limono-sableux enlève 70–90 % du zinc et 50–80 % des hydrocarbures. Les dispositifs de traitement dédiés garantissent une efficacité stable, indépendamment des variations de perméabilité du terrain naturel.
| Processus | Polluant ciblé | Support |
| Adsorption sur charbon actif | Hydrocarbures, HAP | Substrat CARBOTEC 100 |
| Piégeage mécanique | Sables, microplastiques | Géotextile non-tissé 150 g/m² |
| Complexation | Zn, Cu, Pb | Argile ou zéolithe |
Dimensionnement pas-à-pas
Le dimensionnement d’un système d’infiltration efficace repose sur une approche méthodique qui intègre l’analyse pluviométrique, la caractérisation du sol, l’évaluation des contraintes locales et le choix judicieux des ouvrages.
Calcul du volume de rétention‐infiltration
Pour dimensionner un ouvrage d’infiltration, on calcule d’abord le volume de pluie à gérer : V = A × Ψ × P, où A est la surface contributive, Ψ le coefficient de ruissellement (0,9 pour le bitume, 0,3 pour la pelouse) et P la hauteur de pluie en mètres.
Ensuite, on évalue la capacité d’infiltration du sol : Q = k × S × Δh, avec k la perméabilité du sol, S la surface d’infiltration (fond et parois) et Δh la charge hydraulique. Ces formules vérifient que l’ouvrage stocke et infiltre efficacement les eaux pluviales.
Condition : temps de vidange inférieur à 24 h, sinon, augmenter S (surface), ajouter un puits, ou placer un exutoire de secours.
Vérifier la stabilité structurelle de l’infiltration des eaux pluviales
La norme EN 1433 classe les caniveaux selon leur capacité à supporter des charges spécifiques :
- C250 : adaptée aux bordures de trottoirs et zones similaires, supportant des charges jusqu’à 250 kN.
- D400 : conçue pour les voies de circulation, y compris les rues piétonnes et les aires de stationnement, jusqu’à 400 kN.
- E600 : destinée aux zones soumises à des charges à l’essieu élevées, comme les ports et docks, jusqu’à 600 kN.
- F900 : pour les zones avec charges à l’essieu particulièrement élevées, telles que les chaussées pour avions, jusqu’à 900 kN.
Il est également essentiel d’évaluer la portance du sol, mesurée par l’indice CBR (California Bearing Ratio), pour garantir la stabilité des installations et éviter le poinçonnement sous les structures de drainage.
Mise en œuvre : 5 points de vigilance
Voici 5 points à ne pas négliger :
- Excavation soignée : éviter le foisonnement du fond de fouille.
- Géotextile : pose continue sans plis, recouvrement supérieur ou égal à 30 cm.
- Talon béton sous caniveau : 10 cm mini C 25/30 ; pente supérieure ou égale à 0,5 %.
- Remblai granulaire lavé (20/40 mm) : compaction supérieure à 95 Proctor pour garder la porosité.
- Essai d’arrosage : simuler 10–20 mm de pluie et vérifier la disparition du plan d’eau en moins de 30 min.
Un contrôle final par caméra garantit que les joints mâle-femelle des caniveaux restent étanches.
Exploitation et maintenance
Avec ce tableau récapitulatif, visualisez les points important de la maintenance :
| Fréquence | Opération | Outil |
| Trimestriel (zone arborée) | Curage des grilles | Hydrocurage, aspirateur |
| Annuel | Inspection du substrat filtrant | Endoscope Ø 50 mm |
| 5–10 ans | Remplacement CARBOTEC 100 | Élévateur + bac de collecte |
| Après gros orage | Relevé de sédiments en entrée d’ouvrage | Pelle manuelle |
À noter : le filtre du DRAINFIX CLEAN supporte 2 000 kg/ m² de sédiments avant remplacement, ce qui limite la maintenance.
Les co-bénéfices d’une infiltration bien pensée
Voici les avantages d’un tel processus :
- Économie sur la taille du réseau : moins de tuyaux, regards, stations de pompage.
- Valorisation paysagère : noues végétalisées créent des corridors de fraîcheur.
- Amélioration de la biodiversité : zones humides temporaires pour amphibiens et pollinisateurs.
- Conformité HQE / BREEAM : crédits GES, gestion de l’eau, résilience.
Adopter la gestion des eaux pluviales par infiltration, c’est la garantie d’infrastructures plus durables, de coûts d’exploitation réduits et d’une ville résiliente face aux aléas climatiques. Grâce à son offre complète de solutions – caniveaux filtrants DRAINFIX CLEAN, modules de rétention, pavés drainants – et la publication de fiches FDES transparentes, HAURATON fournit aux maîtres d’ouvrage, bureaux d’études et collectivités les outils pour réussir leur transition hydraulique et bas carbone.
Vous souhaitez dimensionner un dispositif d’infiltration ou obtenir nos FDES ? Contactez nos ingénieurs pour un accompagnement sur-mesure.